Qu'est-ce que le Pacte national de stabilité sociale ?
Le Pacte national de stabilité sociale est un accord stratégique conçu pour favoriser une croissance inclusive et le développement au Sénégal. Son architecture repose sur une approche tripartite impliquant quatre types d'engagements distincts : ceux du gouvernement, ceux des travailleurs, ceux des employeurs, ainsi que des engagements communs aux trois parties signataires.
Pour garantir l'efficacité de ce dialogue, le Premier ministre a instauré une dynamique de responsabilité exemplaire. Selon Mamadou Lamine Dianté, le chef du gouvernement a souhaité que l'évaluation débute par les engagements de l'État lui-même, suivant le principe que le dialogue doit d'abord s'appliquer à soi-même. Afin de ne pas laisser le processus s'essouffler, le Premier ministre a également décidé d'intensifier la fréquence des rencontres avec les partenaires sociaux, passant d'une réunion annuelle prévue initialement à une concertation trimestrielle, visant ainsi à maintenir un cadre de discussion régulier, ouvert et constructif.
84 activités inscrites, 35 réalisées : l'état des lieux en 2026
Le bilan chiffré présenté par le ministre de la Fonction publique et du Travail montre une progression significative mais encore incomplète. Sur un total de 84 activités inscrites au titre des engagements du gouvernement, 35 ont été entièrement réalisées, ce qui représente un taux d'exécution de 42 %. Le gouvernement ne compte pas s'arrêter là : 25 autres activités sont actuellement en cours de mise en œuvre.
L'enjeu est de taille pour la suite de l'année. Si ces 25 activités en cours parviennent à être achevées d'ici la fin du second semestre 2026, le taux de réalisation global pourrait bondir pour atteindre 71 %. Il est important de noter que le Pacte a été signé pour une durée de trois ans, et que le pays se trouve actuellement à une étape charnière, soit un an et cinq mois après le début de sa mise en œuvre.
Parmi les avancées majeures citées par le ministre, on note l'adoption, la promulgation et la publication de deux textes fondamentaux : le Code du travail et le Code de la sécurité sociale. Sur le plan des avantages sociaux, la généralisation de l'indemnité de logement aux agents de l'État est effective depuis janvier 2026, avec une extension prévue pour les contractuels du ministère de la Santé et de l'Hygiène publique via la loi de finances.
Dossiers statutaires et régularisations administratives
Le ministre a également mis en avant la résolution de plusieurs dossiers statutaires qui étaient restés en suspens pendant de longues périodes. Ces mesures touchent directement la carrière de nombreux agents publics. Parmi les succès notables, on peut citer la régularisation de la situation des enseignants décisionnaires, grâce à la signature de deux décrets par le président de la République.
D'autres reclassements ont été actés, notamment pour les techniciens supérieurs de la santé (au niveau hiérarchique A2), ainsi que pour les maîtres d'éducation physique et sportive et les greffiers. Au sein même du ministère de la Fonction publique, l'efficacité administrative a été mise en avant par la création de deux guichets uniques. Ces dispositifs ont permis de générer 2157 actes impactant plus de 2500 agents, dont la majorité a pu être mise en solde.
Recrutements massifs dans l'éducation et la santé
Pour répondre aux besoins structurels du pays, l'État a engagé des processus de recrutement d'envergure. Dans le secteur de l'éducation, le plan prévoit le recrutement de 4527 enseignants. À ce jour, 2000 agents ont déjà rejoint leurs postes, tandis que le processus est en cours pour les 2527 restants. Ce volet inclut également le recrutement de 500 enseignants-chercheurs.
Le secteur de la santé n'est pas en reste avec 2500 agents actuellement en cours de recrutement. Ces investissements dans le capital humain sont présentés comme des piliers essentiels pour garantir la continuité et la qualité des services publics essentiels à travers le territoire national.
Protection sociale et enjeux de l'emploi
L'un des objectifs phares de cette période est la marche vers une protection sociale universelle. Le ministre a souligné la mise en place de l'instruction prévoyant la couverture de la maladie pour les travailleurs non permanents, ainsi que le déploiement de la Mutuelle sociale nationale des artisans du Sénégal. Grâce à l'entrée en vigueur du nouveau Code de la sécurité sociale, cette extension de protection devrait désormais bénéficier aux travailleurs indépendants et à ceux de l'économie informelle.
Par ailleurs, d'autres jalons significatifs ont été marqués en 2026, tels que l'apurement de la dette intérieure, la signature de la convention État-employeur et l'adoption de la politique nationale de l'emploi. Cependant, la question des licenciements reste un point de tension, notamment avec la création du Front syndical pour la défense des travailleurs. Le ministre a apporté des précisions sur des cas spécifiques :
- À Dakar Dem Dikk : 240 contrats de prestation ont été transformés en CDI. Concernant les licenciements (37 à 39 travailleurs), 8 ont été réintégrés, les autres étant considérés comme étant en situation d'abandon de poste.
- Au Port de Dakar : 85 réintégrations ont été enregistrées et 162 agents sont en cours de régularisation depuis le 12 octobre, avec l'objectif de convertir en CDI les travailleurs ayant effectué plus de deux contrats à durée déterminée.
- Au ministère des Mines : 44 licenciements sont actuellement en cours de traitement, avec une possibilité de réintégration intégrale.
FAQ : Comprendre le Pacte de stabilité sociale
Quel est l'objectif principal du Pacte national de stabilité sociale ?
Le Pacte vise à promouvoir la croissance inclusive et le développement durable au Sénégal en instaurant un cadre de dialogue entre le gouvernement, les travailleurs et les employeurs pour renforcer la cohésion sociale.
Où en est le taux de réalisation des engagements du gouvernement ?
Actuellement, le taux de réalisation est de 42 %, avec 35 activités entièrement achevées sur les 84 prévues. Si les 25 activités en cours le sont d'ici la fin du second semestre 2026, ce taux pourrait atteindre 71 %.
Quelles sont les avancées majeures en matière de droit du travail ?
Les avancées incluent l'adoption et la publication du nouveau Code du travail et du Code de la sécurité sociale, ainsi que la généralisation de l'indemnité de logement pour les agents de l'État.
Comment la protection sociale est-elle étendue ?
Grâce au nouveau Code de la sécurité sociale et au déploiement de la Mutuelle sociale nationale des artisans, la protection s'étend désormais aux travailleurs indépendants et à l'économie informelle.
Quels sont les résultats des mesures de régularisation de l'emploi ?
Des efforts sont visibles à Dakar Dem Dikk (240 CDI créés), au Port de Dakar (85 réintégrations et 162 régularisations en cours) et au ministère des Mines (44 dossiers de licenciement en cours de traitement).
Points clés
- Le Pacte repose sur un dialogue tripartite (État, employeurs, travailleurs).
- Le gouvernement privilégie l'exemplarité en évaluant ses propres engagements.
- 35 activités sur 84 sont terminées (42 %), avec un objectif de 71 % fin 2026.
- Des progrès majeurs sont notés dans les codes du travail, la santé et l'éducation.
- La protection sociale s'élargit vers l'économie informelle et les indépendants.
