Comment une tentative d'exfiltration de Pascal Tigri a-t-elle été orchestrée ?
Une opération visant à localiser le colonel Pascal Tigri et à organiser son exfiltration depuis le Niger aurait été mise en place début 2026. Selon les déclarations de l'inspecteur de police Habibou Oumarou Mamane, diffusées par la RTN, le processus a débuté par une sollicitation directe d'un proche de l'inspecteur.
Le 27 février 2026, Ange Chékaraou, présenté comme un ami de l'inspecteur, lui aurait demandé de retrouver le colonel Tigri, considéré comme le cerveau de la tentative de coup d'État du 7 décembre 2025 au Bénin. L'objectif affiché était double : situer la position exacte de l'officier et organiser son transfert hors du territoire nigérien.
Les promesses de récompenses
Pour motiver les exécutants de cette mission, des incitations massives auraient été mises sur la table. Ange Chékaraou aurait promis une somme de 50 millions de FCFA, l'obtention de passeports diplomatiques béninois ainsi que des nominations officielles en tant que chargés de mission à la Présidence du Bénin en cas de succès de l'opération.
Qui sont les acteurs clés identifiés dans ce témoignage ?
Le témoignage de l'inspecteur Mamane met en lumière un réseau d'intermédiaires et de commanditaires potentiels impliquant des noms et des pseudonymes précis. L'enquête repose sur les interactions entre plusieurs individus dans des lieux publics et des zones frontalières.
L'inspecteur a identifié Ange Chékaraou comme l'intermédiaire principal. Ce dernier aurait agi au nom d'un mystérieux « directeur des opérations de la DGDSE du Bénin ». L'inspecteur a également mentionné une rencontre avec un homme utilisant le pseudonyme de « David », supposé être ce même directeur des opérations, dans un bar situé à Malanville, près de la frontière.
Le récit de l'audition détaille également les flux financiers entre ces acteurs :
- 5 millions de FCFA : Somme versée par « David » à Ange Chékaraou comme frais de recherche initiale.
- 2 millions de FCFA : Montant que l'inspecteur Mamane aurait effectivement récupéré au grand marché de Niamey le 9 mars 2026.
- 3 millions de FCFA : Somme que Chékaraou aurait conservée sur les 5 millions versés initialement.
Quelle est la part de vérité concernant les services de renseignement béninois ?
Un point de tension majeur apparaît dans le témoignage concernant l'identité de l'organisme de renseignement béninois qui aurait orchestré l'opération. L'inspecteur Mamane fait référence à la « DGDSE » comme étant l'entité derrière le commanditaire « David ».
Toutefois, les faits indiquent une possible confusion ou une volonté de dissimulation dans les dénominations utilisées lors des auditions. Les services de renseignement officiels du Bénin ne portent pas le nom de DGDSE. L'institution est officiellement connue sous le nom de Direction Générale des Services (DGS), succédant à l'ancienne Direction des Services de Liaison et de Documentation (DGSL).
Cette divergence terminologique soulève des questions sur l'authenticité de l'implication directe des services d'État ou s'il s'agit d'une opération menée par des individus utilisant des noms de couverture pour masquer leur véritable appartenance institutionnelle.
Quel est l'impact de ces révélations sur les relations Bénin-Niger ?
La diffusion de ces images par la télévision nationale nigérienne (RTN) place les relations diplomatiques entre Cotonou et Niamey sous haute tension. L'accusation implicite d'une tentative d'exfiltration financée par des agents béninois touche à la souveraineté du Niger.
L'affaire suggère que le Niger pourrait servir de sanctuaire ou de zone de transit pour les acteurs politiques et militaires impliqués dans les troubles internes du Bénin. Si les accusations de l'inspecteur Mamane sont confirmées, cela pourrait entraîner une crise diplomatique majeure, les autorités béninoises étant indirectement liées à une opération de recherche de fugitifs sur le sol nigérien par le biais de fonds et de promesses de nominations.
FAQ: Questions fréquentes sur l'affaire Pascal Tigri
Qui est Pascal Tigri ?
Pascal Tigri est présenté comme l'instigateur du putsch manqué survenu le 7 décembre 2025 au Bénin. Il est actuellement au centre d'une affaire d'exfiltration qui lie le Bénin et le Niger selon les témoignages récents de la RTN.
Qu'est-ce que l'opération d'exfiltration mentionnée ?
L'opération consistait à localiser le colonel Pascal Tigri au Niger et à organiser son transfert vers le Bénin. Elle aurait été motivée par des promesses de 50 millions de FCFA et des postes diplomatiques pour les exécutants.
Qui est l'inspecteur Habibou Oumarou Mamane ?
Habibou Oumarou Mamane est un inspecteur de police nigérien dont le témoignage a été diffusé par la RTN. Il affirme avoir été sollicité par Ange Chékaraou pour aider à la localisation du colonel Tigri.
Quels sont les montants financiers impliqués ?
Selon le témoignage, 5 millions de FCFA ont été versés comme frais de recherche. L'inspecteur affirme n'en avoir reçu que 2 millions au marché de Niamey, le reste ayant été conservé par l'intermédiaire Ange Chékaraou.
Y a-t-il une confusion sur les services de renseignement ?
Oui, le témoignage mentionne la « DGDSE », mais les services de renseignement officiels du Bénin sont la Direction Générale des Services (DGS), anciennement la DGSL. Cette distinction est cruciale pour l'analyse de la légitimité de l'opération.
Key takeaways
- Le colonel Pascal Tigri est suspecté d'être localisé au Niger après le putsch béninois de 2025.
- Une tentative d'exfiltration aurait été proposée contre 50 millions de FCFA et des postes diplomatiques.
- L'inspecteur Mamane affirme avoir reçu 2 millions de FCFA pour des recherches de localisation.
- L'identité de la structure de renseignement impliquée (DGDSE vs DGS) reste un point de controverse.
Synthèse de l'affaire
Les révélations de la RTN apportent un éclairage complexe sur les suites du putsch manqué de décembre 2025 au Bénin. En mettant en lumière des tentatives de recrutement d'agents de police nigériens pour localiser le colonel Pascal Tigri, ces témoignages suggèrent l'existence de réseaux d'influence transfrontaliers. Que l'implication des services de renseignement béninois soit avérée ou qu'il s'agisse d'une opération isolée de commanditaires utilisant des pseudonymes, l'affaire fragilise la stabilité régionale et interroge sur la gestion des acteurs politiques en exil entre le Bénin et le Niger.
